Les contes de Terremer : une histoire sans envergure
Le ciné, le dimanche c'est moins cher et y'a pas grand monde: l'idéal en somme. Entourée d’une dizaine de spectateurs - seulement ^___^ -, j’ai pu pleinement profiter de la projection des Contes de Terremer .
Comme beaucoup, je connais les œuvres de Myazaki – Père. C’est plus la curiosité de voir ce dont était capable Myasaki-Fils que l’histoire proprement dite qui m’a poussée à entrer dans une salle obscure.
Pour les animes, si l’histoire m’intéresse, j’attends généralement la sortie dvd sans passer par la case « cinéma ».
Me voici donc dans une démarche à l’opposer de ma routine : un évènement en soi, nan je déconne. Est-ce que ça en valait le coup ? Vous le saurez à la fin de cet article.
Il se fait donc urgent d’entrer dans le vif du sujet : Les contes de Terremer
Adaptée d’une saga d’héroic fantasy de la romancière américaine Ursula K LeGuin, l’histoire se déroule dans un monde magique en proie au chaos.
Les catastrophes naturelles s’accélèrent, la magie s’affaiblit. Les humains avides de richesses abandonnent leur croyance pour une vie matérialiste et comptable : tout s’achète, tout se vend et surtout à quel prix ?
Dans ce contexte, un jeune prince, Arren, mal dans sa peau voit sa part ténébreuse l’emporter. Controlé par son côté noir, il commet un crime de sang : il tue son père, lui vole son épée et fuit.
Dans son errance, il est sauvé par le mage : Epervier qu’il décide de suivre faute de mieux.
Et le voyage commence….
Quelles sont les causes de ces aléas climatiques dévastateurs ? Arren retrouvera-t-il la lumière que ses peurs et angoisses ont occulté?
N’ayant pas lu l’oeuvre originale, je ne m’attarderai donc pas sur la qualité de cette adaption animée. Si Myasaki – Fils a pris des libertés par rapport aux livres, c’est son choix, judicieux ou malheureux cela reste de l’appréciation de chacun en connaissance de cause.
Graphiquement, les décors sont sublimes, très travaillés. Les couleurs sont magnifiques. Un régal pour les yeux que de déambuler avec les personnages dans les rues marchandes et les allées sombres de cités bourdonnantes d’activités. Les paysages traversés notamment une lande verdoyante sont de toute beauté.
Beau à voir donc et aussi beau à écouter, les musiques sont trés agréables, les chansons riche de sens ( le texte de la chanson qu'il y a au milieu de l'anime, a été sous-titrés )

Pour le reste, la critique est moins élogieuse. Les personnages ressemblent beaucoup aux autres héros du studio ghibli, aux héros de Myasaki – Père. Cette absence de surprise laisse un goût un peu amer. D’autant plus que quand la nouveauté arrive grâce au rôle du sorcier malfaisant Aracnéide, le salut n’est que de courte durée.

L’on déchante vite en retournant dans la norme ghiblienne lorsque ce vilain se transforme en oiseau de nuit ( cf Yubaba dans Le voyage de Chihiro ) ou se liquéfie en une boue noirâtre peu ragoûtante (cf toujours Le voyage de Chihiro quand le "Sans Visage" pique sa crise de boulimie). Ce n’est pas mauvais, c’est du déjà-vu. Pâle copie sur le plan physique, les personnages sonnent irrémédiablement creux car stéréotypés et inexpressifs. Ainsi la question environnementale, made in Ghibli, est au rendez-vous : l’homme détruit la terre par cupidité, soumet la Terre avec violence et aveuglement pour en tirer le meilleur profit. Myasaki – Fils ne s’inspire plus de Myasaki – Père, il copie.
Le rythme linéaire de la progression de l’histoire rend le visionnage morne : pas de rebondissement éclatant pour morceler l’action et la relancer, pas de coupure humour pour détendre l’atmosphère. Rien. On suit l’histoire. Et là l’évidence se révèle cruelle: deux heures ( durée du film ), c’est long ….
Quant à l’histoire proprement dite. Gentillette et convenue au possible, elle ne s'adresse pas pour autant aux enfants.
Le thème principal, au combien philosophique, est de savoir ce que sont la vie, la mort et ce au travers d'une quête de l'immortalité. L’anime vise donc un public plus mature.
La réponse enchaîne hélas les lieux communs: pour vivre, il faut mourir. Refuser de mourir, c’est renoncer à vivre etc.
D’autres thèmes ont aussi été abordés. « Survolés » serait le mot le plus juste.
Nombreuses pistes n’ont été que soulevées et classées sans suite : le refuge des paradis artificiels (la drogue) pour fuir la réalité du quotidien, l’exode rural, l’esclavagisme, la contrefaçon etc .
Superficiel dans le fond, sans surprise au niveau graphique, Les contes de Terremer ne distille aucune magie, aucune émotion.
A voir, sans conviction.
Supersab