I Want to live in.....America

Publié le par Supersab

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"Avec America, keiko Ichiguchi traduit admirablement ce mélange de réalisme et de rêves qui hante une certaine jeunesse. C’est dit dans une langue élégante, racée, où chaque dessin devient un mot, un cri, une émotion rare » Jean Dufaux, scénariste de bd

Voila ce qu’on peut lire sur la couverture du one shot de Keiko Ichigushi. Le thème est donné, une jeunesse qui se cherche. Une accroche qui dit tout et rien à la fois, une accroche qui remplit son rôle à merveille : voir de plus prés ce qu’il en est.

America parle de 6 jeunes japonais des années 80 à peine sortis de l'adolescence. De l’accro à la musique rock aimant cuisiner, du musicien en quête de reconnaissance, de l’aspirante journaliste, à un jeune à la recherche de sa mère biologique hospitalisée quelque part aux Etats-Unis, sa petite amie n’ayant pour seul souhait que de le suivre, et une comédienne en continuel perfectionnement, l’aînée du groupe, la grande sœur conseillère qui ne se dévoile que très peu. Ils se retrouvent tous dans un café pour parler d’avenir et surtout de leur rêve commun : partir vivre tout là-bas en Amérique.
Ce pays lointain où l'herbe est toujours verte et où il n'y a que des lendemains qui chantent. Cet ailleurs que l'on idéalise, schématise à défaut de le connaître vraiment.
Cette attitude peut se transposer aux otaku occidentaux qui ne rêvent que d'émigrer au japon alors que la plupart ne le connaisse qu'à travers le filtre du manga et quel filtre ?

Mais il n’y a pas d’avenir sans passé aussi se dévoilent-ils progressivement, un peu comme dans X-Day. Ce n’est en revanche pas une thérapie de groupe où chacun soigne son mal-être grâce au soutien des autres. Chacun dresse progressivement le constat de sa vie pour choisir de quoi demain sera fait : déceptions amoureuses, pression des parents, enfances violentées pour certains d’entre eux. Les obstacles sont nombreux et les premières blessures sont celles qui font le plus mal et qui ne cicatrisent jamais complètement.
L’Amérique symbolise alors l’incarnation de la liberté que tous recherchent, de l’espoir d’un avenir conforme à leurs attentes.

Un one-shot riche sur les aspirations d’une jeunesse perdue quand vient l'heure de quitter la candide rêverie de l'enfance où tout est possible et envisageable, à la dure réalité de "la vie d'adulte" et aux limites du quotidien.

Le graphisme sans être exceptionnel n'est pas mal du tout, des décors bien détaillés, la faiblesse vient des corps quelques fois mal proportionnés et des visages manquant d'expressivité.
Le grand format de l'ouvrage rend la lecture très agréable.

A noter une post-face très bien faite de Massimiliano Di Giovanni, l’éditeur de la Mangaka en Italie. L’Italie, l’Amérique de Keiko Ichiguchi, et vous, quelle est la votre ?

Une oeuvre que je vous invite à découvrir.

Supersab

 

 

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Publié dans Un jour - Un titre

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