Zone de papotage

Un jour - Un titre

Lundi 22 octobre 2007
Et bien oui, j’ai osé tenter l’expérience des mangas Harlequin. Comme je suis encore là pour témoigner de ma lecture, j’y ai donc survécu. ^__^
Trêve de plaisanterie.
Harlequin, collection spécialisée dans les histoires d’amour à l’eau de rose (très, mais alors très très concentrée), a donc élargi son catalogue en offrant toujours les mêmes scénarii mais avec un support en image.

Pour entrer plus dans le détail, trois one-shots sont, à ce jour, parus :

amoureuse-chirurgien-m.jpg




Dans Amoureuse d’un chirurgien, Eugénia, infirmière dévouée, déjà fiancée à un docteur sans envergure, éprouve des sentiments bien plus enflammés pour son chef de service, un chirurgien très réputé. Celui-ci est aussi engagé auprès d'une autre.


passion-venise-m.jpg
Dans Passion à Venise, Suzi est la secrétaire d’un acteur célèbre à l’apogée de sa carrière, coureur de jupon notoire. Sa fiancée du moment lui ayant posé un lapin le jour de la première de son dernier film, il demande à Suzi de l’accompagner à ces festivités. La presse people voit là le début d’une nouvelle aventure. La supercherie qui ne devait durer qu’une soirée, va devoir s’allonger dans la durée. Un mensonge bien pénible car Suzi est bel et bien amoureuse de cette star qui semble ne rien ressentir pour elle. Hélas...

Dans Le piège de la vengeance, Luke, amoureux éconduit, a décidé de tout faire pour ruiner celle qui lui a brisé le cœur : Eve. Leur rupture a pourtant été tout aussi douloureuse pour elle, alors pourquoi un tel gâchis ?

Toutes sur le même modèle, les trames accumulent cliché sur cliché. En même temps, avec Harlequin, on sait à quoi s’en tenir. Pour la surprise, l’aventure, le grand frisson, il faut aller ailleurs.
Les personnages sont ainsi tous beaux, jeunes, et riches de valeur au sens moral et/ou pécuniaire, et excellents dans leurs domaines.

Les héroïnes cachent leurs sentiments, leur prince charmant n’étant pas aussi propre et lisse que ceux décrits dans les contes pour enfant. Elles livrent un combat entre ce que leur dictent leur cœur et leur raison. De ces deux voix laquelle va triompher ?
De leurs côtés, ces messieurs se révèlent sensibles et sont eux aussi à la recherche de l’Amour avec un grand « A » (si ! si !). Souvent victimes de leurs situations : trop riches, trop célèbres, il ne veulent pas être de simples tiroirs-caisses ou faire valoir (les pauvres, on les plaindrait presque), ils taisent donc eux aussi leurs sentiments par peur ou déni.
Vous ajoutez en plus quelques méchants coups du sort : accident, entourage manipulateur, secret de famille bien gardé et vous aurez l’essentiel.

L’originalité n’est pas non plus à trouver au niveau des dialogues, dignes des romans photo, phrases insipides et niaises pour rester dans l’ambiance.

Concernant le graphisme, s’il n’est pas exceptionnel, il n’est pas moche non plus. Deux mangaka se sont prêtées à l’exercice : Kei Kohsaki pour Passion à Venise et Le piège de la vengeance (œuvres du même auteur : Lucy Gordon). Koyano Saeki, elle, a usé de son talent pour Amoureuse d’un chirurgien, écrit par Betty Neels. Leurs styles se ressemblent assez : visages anguleux pour ne pas dire triangulaires, nez pointus, corps bien proportionnés, décors détaillés. 
A noter cependant que le rendu est meilleur pour Kei Kohsaki. Elle réussit à donner de l’expressivité à ses personnages grâce à des jeux de regards bien travaillés. Elle fait également un effort au niveau des tenues et de la coiffure de ses personnages, plus mode, plus volume que les sages et plates choucroutes de Amoureuse d’un chirugien.

Enfin pour le prix tout à fait abordable: 3,95 euros (une histoire par ouvrage) et 4,95 euros (deux histoires dans le même ouvrage), le travail d’édition est correct. L’encre mauve a de quoi surprendre mais on s’y fait très vite. Le petit format ne gène en rien la lecture. Le papier est moyen, la tranche solide.
Un petit bémol cependant pour le volume plus épais (celui qui contient les 2 histoires). Sa lecture et donc les différentes manipulations que cela implique, entraînent immanquablement d’horribles pliures sur la tranche extérieure de l’ouvrage.

La recette de ces scénarii convenus avec moult stéréotypes et retournements de situation prévisibles, est bien éprouvée mais le pire c’est que ça marche. Quand on commence une histoire Harlequin, on ne la lâche plus jusqu’à la fin. Lecture rapide à digestion instantanée qu’importe. Je ne pense pas réitérer l’expérience mais comme pour tout, il faut au moins l’avoir vécue une fois
.

Supersab
Par Supersab - Voir les 9 commentaires
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Lundi 16 avril 2007

Le ciné, le dimanche c'est moins cher et y'a pas grand monde: l'idéal en somme. Entourée d’une dizaine de spectateurs - seulement ^___^ -, j’ai pu pleinement profiter de la projection des Contes de Terremer .

Comme beaucoup, je connais les œuvres de Myazaki – Père. C’est plus la curiosité de voir ce dont était capable Myasaki-Fils que l’histoire proprement dite qui m’a poussée à entrer dans une salle obscure.
Pour les animes, si l’histoire m’intéresse, j’attends généralement la sortie dvd sans passer par la case « cinéma ».

Me voici donc dans une démarche à l’opposer de ma routine : un évènement en soi, nan je déconne. Est-ce que ça en valait le coup ? Vous le saurez à la fin de cet article.

Il se fait donc urgent d’entrer dans le vif du sujet : Les contes de Terremer 

Adaptée d’une saga d’héroic fantasy de la romancière américaine Ursula K LeGuin, l’histoire se déroule dans un monde magique en proie au chaos.
Les catastrophes naturelles s’accélèrent, la magie s’affaiblit. Les humains avides de richesses abandonnent leur croyance pour une vie matérialiste et comptable : tout s’achète, tout se vend et surtout à quel prix ?

Dans ce contexte, un jeune prince, Arren, mal dans sa peau voit sa part ténébreuse l’emporter. Controlé par son côté noir, il commet un crime de sang : il tue son père, lui vole son épée et fuit.
Dans son errance, il est sauvé par le mage : Epervier qu’il décide de suivre faute de mieux.

Et le voyage commence….

Quelles sont les causes de ces aléas climatiques dévastateurs ? Arren retrouvera-t-il la lumière que ses peurs et angoisses ont occulté?

N’ayant pas lu l’oeuvre originale, je ne m’attarderai donc pas sur la qualité de cette adaption animée. Si Myasaki – Fils a pris des libertés par rapport aux livres, c’est son choix, judicieux ou malheureux cela reste de l’appréciation de chacun en connaissance de cause.  

Graphiquement, les décors sont sublimes, très travaillés. Les couleurs sont magnifiques. Un régal pour les yeux que de déambuler avec les personnages dans les rues marchandes et les allées sombres de cités bourdonnantes d’activités. Les paysages traversés notamment une lande verdoyante sont de toute beauté.
Beau à voir donc et aussi beau à écouter, les musiques sont trés agréables, les chansons riche de sens ( le texte de la chanson qu'il y a au milieu de l'anime, a été sous-titrés )

 03.jpg

 

 Pour le reste, la critique est moins élogieuse.

Les personnages ressemblent beaucoup aux autres héros du studio ghibli, aux héros de Myasaki – Père. Cette absence de surprise laisse un goût un peu amer. D’autant plus que quand la nouveauté arrive grâce au rôle du sorcier malfaisant Aracnéide, le salut n’est que de courte durée.

arac.jpg

L’on déchante vite en retournant dans la norme ghiblienne lorsque ce vilain se transforme en oiseau de nuit ( cf Yubaba dans Le voyage de Chihiro ) ou se liquéfie en une boue noirâtre peu ragoûtante (cf toujours Le voyage de Chihiro quand le "Sans Visage" pique sa crise de boulimie). Ce n’est pas mauvais, c’est du déjà-vu.

Pâle copie sur le plan physique, les personnages sonnent irrémédiablement creux car stéréotypés et inexpressifs.

Le rythme linéaire de la progression de l’histoire rend le visionnage morne : pas de rebondissement éclatant pour morceler l’action et la relancer, pas de coupure humour pour détendre l’atmosphère. Rien. On suit l’histoire. Et là l’évidence se révèle cruelle: deux heures ( durée du film ), c’est long ….

Quant à l’histoire proprement dite. Gentillette et convenue au possible, elle ne s'adresse pas pour autant aux enfants.
Le thème principal, au combien philosophique, est de savoir ce que sont la vie, la mort et ce au travers d'une quête de l'immortalité. L’anime vise donc un public plus mature.
La réponse enchaîne hélas les lieux communs: pour vivre, il faut mourir. Refuser de mourir, c’est renoncer à vivre etc.
D’autres thèmes ont aussi été abordés. « Survolés » serait le mot le plus juste.

Ainsi la question environnementale, made in Ghibli, est au rendez-vous : l’homme détruit la terre par cupidité, soumet la Terre avec violence et aveuglement pour en tirer le meilleur profit. Myasaki – Fils ne s’inspire plus de Myasaki – Père, il copie.
Nombreuses pistes n’ont été que soulevées et classées sans suite : le refuge des paradis artificiels (la drogue)  pour fuir la réalité du quotidien, l’exode rural, l’esclavagisme, la contrefaçon etc .

Superficiel dans le fond, sans surprise au niveau graphique, Les contes de Terremer ne distille aucune magie, aucune émotion.
A voir, sans conviction.

Supersab

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