La culture nippone, comme toutes les cultures, se révèle d’une grande richesse. Suivant la même optique que mes critiques
d’ouvrages, je veux vous faire découvrir et/ou partager certains de ces trésors qui ont retenu mon attention.
Dans cet article, je vais vous présenter l’art de mettre le papier au pli: l’origami. Son histoire est liée à celle de son support: le
papier.
Précision:
Afin de rendre la lecture aussi agréable que possible, je n'ai pas voulu surchargé mon texte avec moult illustrations. Cela dit,
en plus des quelques images présentes, vous pourrez en voir d'autres à votre convenance. Pour cela il vous suffit de cliquer sur les mots soulignés en bleu.
Le papier japonais: le washi
Si la fabrication du papier est un savoir-faire chinois
datant du IIième siècle après J-C, les japonais vont sur ces bases importées, créer leur propre procédé de fabrication. A partir du VIième siècle, ils vont ainsi améliorer la qualité et la
résistance du papier en utilisant les fibres de végétaux locaux : le Kozo (une plante de la famille des mûriers), le gampi et le mitsumata essentiellement.
--> Pour voir en image la fabrication du washi, cliquer ici
Le washi se décline en différentes gammes suivant l’usage que l’on compte en faire, car au Japon, le papier ne sert pas uniquement de support à l'écriture. Il est également utilisé dans la confection d'objets: lampe, ombrelle, porte, et même de vêtements.

Vue du rayon papier d'une boutique japonaise. Photo de Nathako
Le Danshi, papier blanc épais proche du crépon, est utilisé pour faire des emballages cadeaux ou des enveloppes spéciales
(pour mettre des sous ^__^) lors de mariage et d’autres grandes occasions ou cérémonies.
Le tengujoshi, le rakusuishi et
l’unrysushi sont des papiers unis extrêmement fins mais très résistants servant à la confection de shoji (les panneaux coulissants translucides) et de chochin: les lanternes japonaises...
Le Momigami est un papier fin, résistant, dont les deux faces peuvent avoir des teintes différentes, ce qui permet un rendu original suivant le modèle
d’origami choisi.
Les papiers à motif: le kyo karakami,
le Kyo Chiyogami, l’Edo
Chiyogami, le Sarasagami et le Katazomeshi servent à décorer les intérieurs et à la confection d’objets courants. Cette diversité marque les différences dans
l’origine géographique du papier et dans celle du motif. Le terme "Kyo" fait ainsi référence à la région de Kyoto, les motifs très traditionnels s’inspirent des imprimés des kimono.
Le terme "Edo" fait, quant à lui, référence à la région de Tokyo, l’Edo Chiyogami a des motifs plus modernes et colorés que le kyo
chiyogami.
Le washi s’illustre donc par sa solidité (cliquer ici pour découvrir toutes les propiétés de ce papier), ce qui en fait le parfait support pour l’Origami. Il est facile de
s’en procurer, nombre de boutiques vpc en ayant dans leur catalogue. Ce n’est pas non plus une obligation de réaliser un origami avec du washi. Avec
des billets de
banque, des tickets de
métro, du papier alu, du papier craft, ça marche aussi. Pour les novices dans l’art du pliage, il n’est donc
pas indispensable d’investir, une simple feuille d’imprimante suffit pour s’exercer.

Cliquer ici pour d'autres origamis en ticket de
métro
L’art de l’Origami – Définiton
Origami est l’association de deux mots: le
verbe « oru »: plier et le nom « kami »: papier. Le terme même d’origami est récent, il date de la fin du XIXième siècle, avant on parlait d’Orikata, si le sens est le
même, il avait une connotation bien plus solennelle.
Cet art a de lointaines origines. Il aurait été importé de Chine en même temps que le papier, les chinois pratiquant le jiezhi : mélange de pliage et de découpage de papier. Les premiers
orikata ont été élaborés dans le cadre de la religion shintoïste, rare et précieux le papier avait alors un caractère divin. La démocratisation de l’origami est allée de pair avec celle
du papier.
Le principe de base est de réaliser par pliage uniquement: pas de colle ni de ciseaux, un objet, un animal ou un végétal, en résumé
: une forme quelle qu’elle soit à partir
d’une seule feuille de papier carrée.
Il existe cependant de nombreuses dérogations à ce principe. Certains origamis, par exemple, sont réalisés à partir de plusieurs
feuilles. On parle alors d’origami modulaire ou kusudama. Ils peuvent aussi être fait sur la
base de feuilles rectangulaires, rondes etc..., ou avec l'utilisation de ciseaux (notamment pour les origamis pour enfants et/ou novices ^_^).

Cygne modualire, 468 modules au total, pour plus d'info: cliquer ici
Les premiers écrits consacrés à l'Orikata remonte à la deuxième moitiè du XVIIIième. Le premier datant de 1764 est intitulé
Hoketsuki (Emaballages et Noeuds), Il a été écrit par Ise Sadatake, le chef du clan Ise, conseiller en étiquette auprès du gouvernement shogunal d'Edo.

Extrait de Hoketsuki
Le second, intitulé Hiden Senbazaru Orikata (Pliage de Mille Grues) a été rédigé par le moine Rokoan en 1797dans
lequel il explique les 49 méthodes de pliage des grues de façon à ce quelles soient rattachées ensembles. (Extrait 1 , Extrait 2 )
Quelques décennies après, l'occident était conquis par l'origami.
Cet art connaît un nouvel essor grâce à Akira Yoshizawa (14/03/1911 - 14/03/2005). Il a élaboré toute une signalétique propre à la
discipline: des symboles indiquant comment plier le papier. Au passage, le plan pour réaliser un origami est un diagramme.
Cette signalétique est universelle aussi, vous pouvez très bien réussir un origami à partir d’un diagramme russe, japonais, anglais rien qu’en suivant les instructions par les
symboles.

Le 1ier pli de ce tableau s'appelle le pli vallée. Le 2nd, lui s'appelle: le pli montagne.
Pour une illustration et une définition plus complète de ces plis: cliquer ici
Origami : de la théorie à la pratique
Pour la petite histoire, je n’ai pas découvert l’origami avec le manga mais grâce à un film. Il s’agit de Blade Runner de Ridley Scott. Gaff, le co-équipier d’Harrison Ford était toujours tapi dans l’ombre en train de faire des animaux en pliant des petits bouts de papier. Ce personnage m’a marqué, sa petite manie aussi.

Cliquer ici pour un extrait de Blade Runner où cette licorne fait presque de l'ombre au
beau Harrison.
Je m’y suis récemment mis grâce à une initiative heureuse (enfin pour moi) des éditions 365. Il s'agit d'un calendrier où chaque jour délivre son diagramme d'origami. Pour le réaliser, on utilise comme papier la feuille du jour précédent.
Avec l’autorisation de cet éditeur, je mets à votre disposiont un diagramme. Il ne tient qu'à vous d'essayer et pourquoi pas de me montrer le résultat en
commentaire.

Pour un visuel plus grand: ici
Personnellement, c'est un de ceux que j'ai le mieux
réussi, la preuve en image.
Avant de vous lancer, voici les règles du plieur :
- Lire avec attention le diagramme étape par étape.
- Etre bien installer. Ne pas commencer le pliage, sur un recoin de bureau entre le clavier d’ordi et les bouquins de cours, ou sur la table du salon entre les chips et la bière devant la
télouche.
- Prendre son temps et faire des plis nets et précis.
Pour finir, voici la listes des sources qui m'ont permis de nourrir cet article tant en contenu qu'en illustrations:
Ouvrages: Almaniaks Origami 2008 aux éditions 365,
L'art de l'Origami de Mari Ono aux éditions Solar.
Sites: Origamania, Origami de Vincent, Exposé sur l'Origami, Web-Japan,
Orizuka, Forum francophone généraliste et spécialiste de l'origami,
Wikipedia
Pour rester dans le ton, Bon pli ! ^_______^
Supersab
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Pour donner à manger à Super et à Sab,
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