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Jeudi 29 décembre 2005

Ce bilan de la BD pour l'année 2005 est assez édifiant, le manga a fait trés fort mais cela est à relativiser. Trés instructif, je ne saurais que trop vous conseiller de le lire.

UNE ANNEE DE BANDES DESSINEES
SUR LE TERRITOIRE FRANCOPHONE EUROPEEN: 
2005, L'année de la "Mangalisation"

“Mangalisation” de la production :
Sur les 2701 nouveautés BD de 2005, 1142 titres sont des mangas ou manwhas (BD asiatiques). Au total, si on rajoute les rééditions, les livres d’illustrations et les essais sur la BD, 3600 livres appartenant au monde de la BD ont été publiés sur le territoire francophone européen.

“Mangalisation” de l'édition :
203 éditeurs (ils étaient 207 en 2004) ont publié des BD en 2005 ; plus de 70% des albums ont été édités par seulement 17 d'entre eux et ils sont 25 à avoir publié des BD asiatiques (ils étaient 22 l’an passé).

“Mangalisation” des grosses ventes :
Même si le nouveau “Astérix” (mis en place à 3 178 000 exemplaires) et 77 séries bénéficient d'énormes tirages, les mangas se placent régulièrement parmi les meilleures ventes, tel “Naruto” dont 6 tomes (tirés entre 70 et 110 000 exemplaires chacun) sont parus en 2005.

“Mangalisation” des métiers de la BD :
De plus en plus de dessinateurs ou de scénaristes (ils sont 1322 à vivre de leur métier sur le territoire francophone européen) s'inspirent des codes graphiques et narratifs des mangas.

“Mangalisation” de la culture BD :
La respectabilité du 9ème art n’est en aucun cas diminuée par l’arrivée des mangas, lesquels ont gagné leurs lettres de noblesse.

“Mangalisation” des médias :
De plus en plus de revues et de sites Internet sont consacrés à la BD asiatique et tous les relais d’opinion se sont entichés des mangas.

N.B. : la moindre utilisation de ces données ou d'une partie d'entre elles doit être obligatoirement suivie du copyright : Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée). Remerciments divers

“Mangalisation” de la production

Sur les 2701 nouveautés BD de 2005, 1142 titres sont des mangas ou manwhas (BD asiatiques). Au total, si on rajoute les rééditions, les livres d’illustrations et les essais sur la BD, 3600 livres appartenant au monde de la BD ont été publiés sur le territoire francophone européen.
Le phénomène n’est pas nouveau mais il n’a jamais pris autant d’ampleur que cette année. Parmi les 2701 nouveautés BD parues en 2005 (2120 l'an dernier), 1142 BD asiatiques ont envahi les librairies francophones et représentent 42,28% du secteur.

En 1994, seulement 19 mangas étaient traduits sur le territoire francophone européen, en 2000 il y en avait 227, puis 269 en 2001, 377 en 2002, 521 en 2003 et 754 en 2004, soit une augmentation, pour cette année, de 388 titres (contre 233 et 35,56%, l'an passé).
Aujourd’hui, 1 enfant sur 2 (entre 9 et 13 ans) lit des mangas et la France est le 2ème marché mondial du genre après le Japon, même si l'avènement du manga aux USA risque de changer la donne.
Grâce à la BD d’Extrême-Orient, un lectorat jeune et féminin a été conquis : la structure et le contenu des mangas se révélant très proches des préoccupations d’un public qui s’est habitué à lire de droite à gauche. Les mangas (BD japonaises) et manwhas (195 BD coréennes ont été publiées cette année, contre 137 en 2004) représenteraient 30% du marché des ventes de la BD francophone et donc, l’achat d’1 BD sur 3.
[…]

“Mangalisation” de l'édition 

203 éditeurs (ils étaient 207 en 2004) ont publié des BD en 2005 ; plus de 70% des albums ont été édités par seulement 17 d'entre eux et ils sont 25 à avoir publié des BD asiatiques (ils étaient 22 l’an passé).
Si la profusion des mangas est l'un des principaux facteurs d'augmentation de la production BD, c'est toujours le cercle très fermé des principaux éditeurs qui produit le plus. D’autant plus que ces maisons d’édition possèdent tous des labels “manga”, acheteurs de licences.

Le groupe Média Participations (avec surtout Kana qui s’impose, depuis cette année, comme le leader des éditeurs de mangas, Dargaud, Le Lombard, et, depuis l’an passé, Dupuis) contrôle 40% du marché de la BD
francophone et a publié, en 2005, 417 titres (dont 114 pour Dargaud, 117 pour Kana, 54 pour Le Lombard, 122 pour Dupuis…) contre 363 l'an passé, soit 11,58% de la production BD (11,82% en 2004).

Delcourt (avec le rachat récent de Tonkam et ses propres mangas sous le label Akata, ainsi qu'avec un important département jeunesse) a publié 363 titres (145 pour la marque Delcourt, 25 pour Delcourt Jeunesse, 81 pour Akata et 112 pour Tonkam) contre 244 l'an passé, soit 10,08% (11,07% en 2004). 

 Le groupe Glénat (avec Glénat Mangas relégué à la 2ème place des éditeurs de BD asiatiques, alors qu’il en a été longtemps le 1er, Vents d'Ouest et Caravelle) a publié 314 titres (121 pour Glénat, 112 pour Glénat Mangas, 70 pour Vents d'Ouest, 4 pour Caravelle, 7 pour Paris-Bruxelles) contre 287 l'an passé, soit
8,72% (9,34% en 2004).

Le groupe Flammarion (avec Sakka qui publie des mangas destinés à un public cultivé, Casterman, Fluide Glacial, Jungle, Librio et J'ai Lu dont le catalogue, en BD, est exclusivement basé sur les mangas) a publié 265 titres (126 pour Casterman, 25 pour Sakka, 33 pour Audie, 20 pour Jungle, 49 pour J'ai Lu, 5 pour Librio) contre 238 l'an passé, soit 7,36% (7,75% en 2004).

Les éditions Soleil (avec Soleil Manga, Gochawon consacré aux manwhas, et la résurrection du label Futuropolis détenu à 50% avec Gallimard ; ce dernier avait déjà un pied dans la BD avec Denoël Graphic et lance, sous sa propre marque, Bayou, une collection jeunesse) ont publié 257 titres (195 pour la marque Soleil, 6 pour Futuropolis, 11 pour Gochawon et 45 pour Soleil Manga) contre 207 l'an passé, soit 7,13% (6,74% en 2004).

Viennent ensuite :
Le groupe SEEBD (les manwhas ou mangas Saphira, Kabuto, Akiko et Tokébi) avec 233 titres (contre 158 l'an passé) soit 6,47% (5,14% en 2004) ;

Panini avec 177 titres (contre 137 l'an passé) soit 4,91% (4,46% en 2004) dont 109 mangas par Génération Comics et 61 comics par Marvel France ;

Pika (cet éditeur est à la 3ème place sur le marché des mangas et innove en lançant une série documentaire pour les plus jeunes) avec 120 titres (contre 72 l'an passé) soit 3,33% (2,34% en 2004) ;

Le groupe Tournon avec 78 titres (28 pour Semic, 40 pour Carabas et 10 pour Kami, nouveau label consacré,
également, à la BD japonaise) soit 2,16% (contre 96 titres et 3,12% en 2004) ;

Les Humanoïdes associés avec 69 titres (contre 72 l'an passé) soit 1,91% (2,34% en 2004) ;

Asuka avec 64 mangas (contre 30 l'an passé) soit 1,77% (0,97% en 2004) ;

Albin Michel BD (ou SEFAM) avec 60 titres (contre 62 l'an passé) soit 1,66% (2,01% en 2004) ;

Paquet (qui s’essaie depuis cette année aux manwhas) avec 53 titres (contre 38 l'an passé) soit 1,47% (1,23% en 2004) ;

Le groupe La Martinière avec 52 titres (29 pour EP, 17 pour Le Seuil et 5 pour Petit à petit qu’il vient de racheter) contre 55 l'an passé, soit 1,44% (1,79% en 2004) ;

Bamboo avec 51 titres (contre 40 l'an passé) soit 1,41% (1,3% en 2004) ;

Taïfu (ex Punch Comics) avec 48 mangas (contre 4 l'an passé) soit 1,33% (0,13% en 2004) ;
Le groupe Bayard (leader de la BD jeunesse) avec 46 titres (24 pour Bayard, 9 pour Milan et 13 pour Treize Etrange) contre 71 l'an passé, soit 1,27% (2,31% en 2004)...

Ces 17 prolifiques éditeurs, ténors du marché (ils étaient 23 l'an passé), réalisent, à eux seuls, plus des 2/3 des activités de la BD et ont publié plus de 70% de la production en titres, ce qui laisse peu de marge de manoeuvre aux encore nombreux labels indépendants […]
et aux nouveaux venus : […]

 “Mangalisation” des grosses ventes

Même si le nouveau “Astérix” (mis en place à 3 178 000 exemplaires) et 77 séries bénéficient d'énormes tirages, les mangas se placent régulièrement parmi les meilleures ventes, tel “Naruto” dont 6 tomes (tirés entre 70 et 110 000 exemplaires chacun) sont parus en 2005.
Alors que le tirage moyen baisse toujours et que le taux des retours augmente, la BD reste à l'origine des plus gros succès de l'édition francophone, tous genres confondus. Jamais un livre n’aura été tiré à autant d’exemplaires que le nouveau “Astérix” d’Albert Uderzo (3 178 000 exemplaires, dont 2 400 000 vendus, soit 75% du tirage initial, en à peine deux mois) ! D’après les chiffres de tirages communiqués par
les éditeurs, il y a même eu 77 autres locomotives alors qu’elles n’étaient que 69 en 2004 et 59 en 2003 ! 
 […]
Certains n’ont pas manqué de souligner le rôle envahissant prêté aux personnages japonais dans le dernier “Astérix” : une parabole qui pourrait être adaptée aux ventes de BD car, si les mangas sont tirés à moins d’exemplaires, les nouveaux tomes des séries se succèdent dans des délais très rapprochés. Ainsi, 6 recueils de “Naruto” (tirés chacun entre 70 000 et 110 000 ex.) sont parus en 2005, 2 de “Gunnm Last Order” (70 000 ex. par tomes), 6 de “Yu-Gi-Oh !”, 3 de “Fruits Basket”, 3 de “Fullmetal Alchemist” (60 000 ex. par tomes), 6 de “Shaman King” (55 000 ex.), 6 de “Samouraï deeper Kyo”, 2 de “Hunter x Hunter”, 5 de “One Piece” (50 000 ex.), 2 de “Nana”, 5 de “Saint Seiya”, 5 de “Tsubasa”, 2 de “Negima !” (40 000 ex.), 4 de “Rave” (35 000 ex.), 6 de “Angel Heart”, 1 de “Monster”, 5 de “XXX Holic”
ou de “Step up Love Story” (30 000 ex.)… : des séries qui concentrent plus de 40% des ventes de mangas.
Par contre, parmi les manwhas, seuls “Chonchu” et “Yureka” atteignent les 20000 ex., pour le moment !
Bien sûr, ce ne sont que des chiffres de tirage ; mais ils ne sont guère éloignés de ceux des ventes réelles, lesquels seront connus dans les premiers mois de 2006. Cependant, l'écart se creuse, de plus en plus, entre gros tirages et peloton des ventes moyennes (situées, désormais, bien en dessous des 10 000 exemplaires).
Si ce sont les indépendants qui souffrent le plus (2005 est même, pour la plupart d’entre eux, une bien mauvaise année), les grands éditeurs sortent leurs épingles du jeu en multipliant de grosses mises en place et en donnant toute liberté aux diffuseurs. Ces derniers, privilégiant la nouveauté, sont aujourd’hui les véritables maîtres du marché. Difficile, dans ces conditions, de valoriser le fonds, lequel est en nette régression. Même si les éditeurs multiplient les rééditions (39 d’entre elles sont des mangas) sous forme d'intégrales (209 titres pour 189 en 2004), d'éditions “new-look” (228 titres pour 223 en 2004) ou de tirages de luxe (75 titres pour 70 en 2004), rien n’y fait ! D’autant plus que la fréquentation des librairies est en chute libre (c’est pourtant dans ces 2000 points de vente que se vendent 80% des albums), que le panier moyen est en baisse et que le marché du livre, en général, a vraiment du mal à décoller !

 “Mangalisation” des métiers de la BD
De plus en plus de dessinateurs ou de scénaristes (ils sont 1322 à vivre de leur métier sur le territoire francophone européen) s'inspirent des codes graphiques et narratifs des mangas.
[…]
Sans être obligatoirement inscrits comme professionnels, 1322 auteurs ont au moins 3 albums disponibles et un contrat en cours ou travaillent de façon systématique pour la presse. Ils s’assurent donc ainsi un salaire moyen régulier, même s’il s’avère de plus en plus difficile d’exister dans ce marché bien encombré. Parmi ces 1322 auteurs (ils étaient 1298 en 2004) notons que 121 (soit 9,15%) d'entre eux sont des femmes (contre 109, soit 8,39%, en 2004), que 218 (soit 16,49%) sont scénaristes sans être également dessinateurs (contre 206, soit 15,87%, en 2004) et que certains sont aussi coloristes, lettreurs, maquettistes, responsables éditoriaux, traducteurs…
Certains de ces auteurs s’inquiètent aussi du succès de ces mangas peu coûteux, car les achats de droits par les éditeurs sont plus rentables qu’un salaire attribué à un auteur. Ils sont, cependant, de plus en plus nombreux à s’inspirer des codes graphiques (grands yeux, dessin stylisé…) et narratifs (peu d’ellipses, ne s’interdire aucun sujet…) des mangas, comme le prouve le nouveau label Cosmo des éditions Dargaud où collaborent auteurs francophones et asiatiques, nombre de séries chez Delcourt (“Les légendaires”, “Pixie”, “La rose écarlate”…), chez Glénat, chez Soleil, chez Paquet ou aux Humanoïdes associés. Le catalogue de ces derniers rassemble des graphistes de diverses origines maîtrisant un trait où l’on sent la nette influence des BD asiatiques et américaines : irait-on vers un style universel ? En effet, le territoire francophone n’est pas une exception : c’est toute l’Europe (celle du Nord, de l’Est, l’Italie et l’Espagne qui se sont mis aux mangas humoristiques, genre qui n’a pas encore conquis les lecteurs francophones, etc.) qui s’est laissée séduire par les BD asiatiques. Certains tentent même de trouver des
solutions pour freiner cette invasion, privilégiant les expériences avec les USA ou la Chine.
Pour le moment, cela n’empêche guère la BD japonaise d’être la plus traduite sur le territoire francophone : sur les 1142 mangas, parus en 2005, 937 viennent du Japon, 195 de la Corée, 9 de Hong-Kong et 1 de Chine.
[…]

 “Mangalisation” de la culture BD

La respectabilité du 9ème art n’est en aucun cas diminuée par l’arrivée des mangas, lesquels ont gagné leurs lettres de noblesse.
Quand ils sont arrivés sur le territoire francophone européen sous forme de dessins animés, les mangas ont marqué des générations de téléspectateurs mais ont aussi irrité nombre de parents et de pédagogues. Ce genre si décrié pour sa violence et ses scénarios infantiles a su toucher un public réfractaire à la lecture et est devenu, aujourd’hui, avec le mûrissement du lectorat, très tendance : désormais, les éditeurs proposent les classiques du genre, le cinéma multiplie les adaptations et les journalistes célèbrent, à qui mieux mieux, le génie d’un Osamu Tezuka ou d’un Jirô Taniguchi.
Si certains éditeurs entretiennent le patrimoine du 9ème art européen ou américain, la plupart privilégient, aujourd’hui, les grands classiques japonais qui n’ont pas encore été traduits en français et les oeuvres destinées à un lectorat plus adulte.
Ainsi, Glénat propose-t-il la collection “Bunko” qui se veut “La Pléïade” du manga (avec les oeuvres de Kazuo Umezu), Asuka, Taïfu, Cornélius, Soleil Mangas, Tonkam et Delcourt (par le biais de son label Akata) se partagent-ils les inédits d’Osamu Tezuka, Imho nous fait-il découvrir Hideshi Hino et Vertige Graphic a-t-il jeté son dévolu sur Keiji Nakazawa et Yoshihiro Tatsumi…
[…]
Notons que la plupart des BD japonaises qui arrivent en Europe ont souvent fait l'objet d'une adaptation en dessin animé et sont déjà connues et appréciées d'un large public : facteur fondamental qui explique, en
partie, le succès de la BD asiatique aujourd’hui.
[…]
La BD continue à être un vivier pour les scénarios de films, téléfilms, dessins animés, jeux vidéo ou de société, pièces de théâtre..., et les images BD, s'inspirant de plus en plus du graphisme des mangas, alimentent également nombre de produits dérivés et le secteur publicitaire. On les retrouve dans les 258 recueils d'illustrations publiés 2005, dont 77 dessins d'humour (55 en 2004) et 89 textes illustrés (92 en 2004).
A l’exception de notables programmes sur Arte, France 5 ou Public-Sénat, la télévision reste le seul média qui a encore du mal à admettre la BD comme culture respectable : heureusement, les journalistes sont de plus en plus au fait de la question. Certains, réunis au sein de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) remettent le Grand Prix de la Critique à un album remarquable paru dans l'année ; en 2005, il a été décerné à “Les mauvaises gens” d’Etienne Davodeau chez Delcourt. On notera, dans le reste de leur sélection, une mise en avant de quelques mangas ou manwhas remarquables signés Jirô Taniguchi, Osamu Tezuka, Kazuo Umezu, Naoki Urasawa ou Kim Dong Hwa.

 “Mangalisation” des médias :

De plus en plus de revues et de sites Internet sont consacrés à la BD asiatique et tous les relais d’opinion se sont entichés des mangas.
Les mangas possèdent donc, désormais, leurs propres revues de pré-publications : Clamp Anthology, Coyote, D.Mangas, Dragon Ball, Mangas Hits (lancé à 100 000 ex., en partenariat avec M6), Manga Kids, Maniaks ou Tokebi (alors que Shônen, qui était, lui aussi, vendu en librairies, ne paraît plus). Si les magazines critiques ont plus de mal à exister (Le Virus Manga a disparu mais il reste AnimeLand,
Mangajima (* ajout perso, le mag mangajima est stoppé au numéro 6), Mangascope…), le phénomène manga alimente les pages de tous les magazines, qu’ils soient spécialisés ou non.
[…]
Nous avons aussi relevé 89 livres écrits sur la BD (41 monographies, 24 guides pratiques et 24 ouvrages techniques), dont 17 consacrés à l’art du manga (encore un effet de la “mangalisation” !), outre les nombreux mémoires réalisés par des étudiants.
Cependant, l'intérêt pour l'étude de la BD se retrouve surtout sur 17 des plus importants sites informatifs et non commerciaux d’Internet, lesquels sont de plus en plus performants et consultés. Il s’agit de bdparadisio.com (360 000 visites par mois), actuabd.com (97 500), bdselection.com (90 000), bulledair.com (70 000), sceneario.com (62 000), bdzoom.com, auracan.com, toutenbd.com (60 000), infosbd.com avec bdzap.com (55 000), bdtresor.net (40 000), labd.cndp.fr (20 000), bdcentral.com (19800), bdtheque.com (18 000), 1001bd.com, planetebd.com ou encore de l'ensemble constitué du logiciel de gestion de collections de BD bdgest.com et du site bedetheque.com avec 456 000 visites par mois ! Des chiffres qu’envient leurs équivalents sur papier ! Si ces différents sites parlent aussi des mangas, d’autres ne se consacrent qu’à la BD asiatique, tels animeland.com, mangajima.com, mangavore.net, manganews.com, mangaverse.net, webotaku.com, ou encore finalmanga.net, krinein.com, reanimation.com, theryoweb.com… Le Net, avec ses “chats”, blogs, forums, BD inédites, achats en ligne mais aussi, hélas, ses piratages, est devenu, aujourd’hui, le lieu où la bédéphilie s'exprime le plus : espérons que s’y formeront des lecteurs avec assez d’ouverture d’esprit pour s’intéresser autant aux mangas qu’aux autres formes de
littératures, graphiques ou non : ne soyons pas trop inquiets, cela a bien l’air d’en prendre le chemin !

Gilles RATIER
(merci à Patrixk Gaumer, Brieg F. Haslé, Ariel Herbez, Marie-Pierre Larrivé, Denis Plagne, Laurent Turpin et à mes autres collègues de l'ACBD)

DOCUMENTS ANNEXES
[…]
LES PLUS GROS TIRAGES MANGAS

110 000 ex. Naruto T.19 Masashi Kishimoto Kana
110 000 ex. Naruto T.20 Masashi Kishimoto Kana
100 000 ex. Naruto T.17 Masashi Kishimoto Kana
100 000 ex. Naruto T.18 Masashi Kishimoto Kana
80 000 ex. Naruto T.16 Masashi Kishimoto Kana

70 000 ex. Gunnm Last Order T.5 Yukito Kishiro Glénat Mangas
70 000 ex. Gunnm Last Order T.6 Yukito Kishiro Glénat Mangas
70 000 ex. Naruto T.15 Masashi Kishimoto Kana
60 000 ex. Fruits basket T.13 Natsuki Takaya Delcourt-Akata
60 000 ex. Fruits basket T.14 Natsuki Takaya Delcourt-Akata
60 000 ex. Fruits basket T.15 Natsuki Takaya Delcourt-Akata
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.33 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.34 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.35 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.36 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.37 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Yu-Gi-Oh T.38 Kazuki Takahashi Kana
60 000 ex. Fullmetal Alchemist T.1 Hiromu Arakawa Kurokawa
60 000 ex. Fullmetal Alchemist T.2 Hiromu Arakawa Kurokawa
60 000 ex. Fullmetal Alchemist T.3 Hiromu Arakawa Kurokawa
55 000 ex. Shaman King T.24 Hiroyuki Takei Kana
55 000 ex. Shaman King T.25 Hiroyuki Takei Kana
55 000 ex. Shaman King T.26 Hiroyuki Takei Kana
55 000 ex. Shaman King T.27 Hiroyuki Takei Kana
55 000 ex. Shaman King T.28 Hiroyuki Takei Kana
55 000 ex. Shaman King T.29 Hiroyuki Takei Kana
50 000 ex. One piece T.25 Eiichirô Oda Glénat Mangas
50 000 ex.
One piece T.26 Eiichirô Oda Glénat Mangas
50 000 ex. One piece T.27 Eiichirô Oda Glénat Mangas
50 000 ex.
One piece T.28 Eiichirô Oda Glénat Mangas
50 000 ex. One piece T.29 Eiichirô Oda Glénat Mangas
50 000 ex. Kyo T.19 Akimine Kamijô Kana
50 000 ex. Hunter x Hunter T.19 Yoshihiro Togashi Kana
50 000 ex. Kyo T.20 Akimine Kamijô Kana
50 000 ex. Hunter x Hunter T.20 Yoshihiro Togashi Kana
50 000 ex. Kyo T.21 Akimine Kamijô Kana
50 000 ex. Kyo T.22 Akimine Kamijô Kana
50 000 ex. Kyo T.23 Akimine Kamijô Kana
50 000 ex. Kyo T.24 Akimine Kamijô Kana
[...]

Ce rapport a été rédigé par Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée). Je me suis permise de supprimer quelques passages consacrés à la BD autre que le manga.
Les crochets [...] indiquent l'endroit des césures.

Pour avoir le rapport dans son intégralité, cliquez sur le lien suivant:

A télécharger ici : au format PDF (Acrobat Reader), 220 ko.

Supersab

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