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Je me présente: Supersab ici, Sabine Soma ailleurs, Sabine à la ville. Je consacre ce blog à ma passion: le manga au sens large du terme.

Je participe à la communauté japanim' en relayant ici les news la concernant: actualités des éditeurs et sorties "presse spécialisée" notamment.
J'y apporte également une contribution plus personnelle par la rédaction d'article. Je vous invite donc à lire mes critiques et chroniques sur des séries papier comme animé, qu'elles soient nipponnes, coréennes ou chinoises. En outre, je vous informe que tous commentaires ou trackbacks laissés dans le seul but d'une auto-promotion sans égard ni rapport avec le contenu de mes articles, seront systématiquement supprimés.

Venez découvrir ma vision de la Japanim'et n'hésitez pas à réagir car vivre une passion c'est avant tout la partager.

Bonne visite.

Supersab
Samedi 24 janvier 2009




2008 : « Recherche nouveaux marchés… Désespérément ! »
Une année de bandes dessinées sur le territoire francophone européen

par Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD

Dans un marché mature, stable en chiffre d’affaires, les éditeurs francophones cherchent encore et toujours à franchir de nouvelles étapes, car qui ne progresse pas recule : d’où la multiplication des titres vers des cibles chaque fois plus diversifiées, chaque fois plus précises, d’où l’augmentation de la production de nouveautés accompagnée d’une baisse des tirages par titre, d’où l’activité accrue vers les marchés étrangers et vers les marchés dérivés (cinéma, télévision, jeux vidéo…), d’où une meilleure rentabilité par un "repackaging" systématique des fonds (intégrales, nouvelles éditions…), tandis que se mettent en place les premières applications en direction des nouveaux supports technologiques.


Une année tonique qui ne se laisse pas impressionner par la crise financière ambiante…


I- PRODUCTION

Toujours plus : 4746 livres de bande dessinée ont été publiés en 2008 (dont 3592 strictes nouveautés), soit une progression (pour la 13ème année consécutive) de 10,04%.

Pour la 13ème année consécutive, la production de bandes dessinées est encore en nette progression :
3592 nouveaux albums (soit 75,68% du total des livres concernés par cette spécialité) ont été diffusés dans les librairies francophones en 2008 (contre 3312 et 76,79%, en 2007) !

Le livre, dans son ensemble, résiste, mieux que d'autres secteurs, au contexte économique général durci par l’importante crise financière mondiale : même si son marché a connu, en 2008, à partir de la fin du printemps, un net ralentissement (source :
Livres Hebdo/I+C). La bande dessinée, dont la diversité des catalogues est un atout majeur, et qui représente environ 6,5% du chiffre d'affaires de l'édition
, reste, avec la jeunesse, l’un des secteurs les plus dynamiques. Si les premiers signes de morosité ont commencé à se faire sentir, au premier trimestre notamment, il faudra attendre le début de 2009 pour affiner le bilan économique 2008 de ce secteur, d'autant que les trois derniers mois, et surtout décembre, pèsent très lourd dans son économie. […]

Cependant, il faut bien reconnaître que
les différents publics conquis par la bande dessinée au cours de ces dix dernières années ont quand même toujours tendance à se rabattre sur les valeurs sûres
(qui bénéficient, en priorité, des campagnes de communication ou d’exploitation dérivées), et qu’ils n’ont que peu de curiosité pour des domaines qui ne sont pas, a priori, proches de leurs préoccupations : l’heure n’est donc pas à l’expérimentation et à la prise de risque, surtout en ces temps incertains, économiquement parlant…

Pourtant, il est évident que, ces dernières années, c’est
l’exploitation des nouvelles niches commerciales qui a permis (et qui permet toujours), aux éditeurs, de gagner de nouvelles parts de marché
: ces derniers ne doivent donc pas se contenter de satisfaire les 4 principaux lectorats :

- celui des
séries asiatiques : 1453
nouveaux mangas, manhwas, manhuas et assimilés sont parus en 2008, soit 40,45% des nouveautés (contre 1428 et 43,12%, en 2007)
- celui des
albums franco-belges : 1547
titres parus en 2008, soit 43,07% (contre 1338 et 40,39%, en 2007)
- celui des
comics américains : 240
recueils parus en 2008, soit 6,68% (contre 227 et 6,85%, en 2007)
- celui des
romans graphiques : 353
livres parus en 2008, soit 9,83% (contre 319 et 9,63%, en 2007) […]

II- ÉDITION

Concentration et vitalité : 15 groupes dominent le secteur avec plus de 70% de la production, alors que pas moins de 265 éditeurs ont publié des bandes dessinées en 2008. […]

III- OPTIMISATION

95 séries (5 de plus qu’en 2007) ont bénéficié d'énormes mises en place et ont continué à se placer parmi les meilleures ventes, tous genres de livres confondus. […]

Notons que du côté des mangas, la situation est pratiquement toujours la même :
seules 9 séries (publiées chez 5 éditeurs, seulement) assurent plus de la moitié des ventes dans leur globalité, Naruto en tête avec son tirage de 220.000 ex. pour chaque nouveau tome (et il y en a eu 6 en 2008) ! Bien loin derrière, les autres leaders du secteur sont Death Note (5 volumes à 180.000 ex.), Fullmetal Alchemist (4 volumes à 90.000 ex.), One Piece (6 volumes à 72.800 ex.), Fairy Tail (3 volumes de ce nouveau "blockbuster" ont été tirés à 70.000 ex.), Samurai Deeper Kyo (2 volumes à 66.000 ex.), Nana (2 volumes à 60.000 ex.), Bleach (5 volumes à 49.500 ex.), sans oublier Dragon Ball Z
dont le manga adapté de l’anime (5 volumes à 70.300 ex.) cartonne toujours ! […]

IV- TRADUCTION

1856 bandes dessinées étrangères (dont 1411 venues d’Asie et 292 des États-Unis) ont été traduites : un bond de 69 titres (soit 3,86%) contre un recul de 0,67% en 2007.

Malgré l’effondrement des traductions de manhwas coréens (98 en 2008 pour 130 en 2007), des manhuas chinois (23 pour 74 en 2007), et des ouvrages venus de Taïwan ou d’Inde (2 pour 15 en 2007),
la bande dessinée asiatique continue d’alimenter la production avec 1411 albums (contre 1371 en 2007), ce qui correspond à 479 séries traduites (contre 528 en 2007), grâce aux 1288 mangas japonais publiés en français (contre 1152 en 2007).

La fidélité et l’implication d’un lectorat différent (plus jeune et plus féminin), lequel apprécie leur moindre coût, la succession des nouveaux tomes dans des délais très rapprochés et un contenu proche de leurs préoccupations, a permis la progression du manga sur le territoire francophone européen, sans que cela se fasse au détriment des autres segments du marché.
Depuis 2005, 1 album vendu sur 3 est d’origine asiatique
: mais seuls 9 shônen (séries destinées principalement aux jeunes garçons) ou shôjo (pour les jeunes filles) assurent 50% des ventes du secteur.

Et seulement
7 éditeurs tiennent l’essentiel de l’économie des mangas traduits en français
: en terme de parts de marché, Kana est en tête (151 volumes publiés en 2008), suivi par Glénat Mangas (137 volumes), puis, plus loin derrière, par Delcourt (et ses filiales Akata – 94 volumes – et Tonkam – 152 volumes) et par Pika (155 volumes) ; ensuite, le secteur est détenu, dans une moindre mesure, par Kurokawa (68 volumes), Panini Manga (123 albums) et Soleil Mangas (81 volumes). Ces 7 entreprises ayant réalisé plus de 90% des ventes de mangas en volume, elles sont bien armées pour résister à une éventuelle arrivée des éditeurs japonais qui, à la recherche d’un relais de croissance de plus en plus difficile à trouver sur leur marché intérieur, pourraient publier eux-mêmes leurs séries en Europe.

En conséquence,
le nombre d’éditeurs francophones publiant des bandes dessinées asiatiques se réduit : on en compte plus que 36 (au lieu de 40 en 2007). Parmi eux, citons les outsiders que sont Asuka, Bamboo (Doki-Doki), Carabas (Kami), Casterman (Sakka, Hanguk et Hua Shu), Clair de lune (Gakko), 12 bis, Ki-oon, Le Lézard noir, Milan (Kankô et Dragons) et Taïfu, ou encore Paquet et Samji (repreneur de certaines séries éditées par la SEEBD) pour la bande dessinée coréenne, et Akileos, Drakosia, Ohayo, Toki et Xiao Pan pour la chinoise. Sans oublier certains généralistes qui se spécialisent plutôt dans le seinen (bande dessinée pour jeunes adultes) à l’instar de Cambourakis, Cornélius, La 5ème Couche, Imho, Vertige Graphic ou Flblb récompensé par le Prix Asie-ACBD 2008 décerné au Visiteur du Sud de Oh Yeong Jin
pendant le festival Japan Expo.

Nous assistons aussi à une
diminution des rééditions des bandes dessinées venues d’Extrême-Orient (92 au lieu de 138 en 2007) et de ce que certains appellent le "franga", le manga européen ou le "global manga"
: c'est-à-dire les tentatives réalisées par les auteurs européens de s’inspirer ouvertement des différents codes graphiques et narratifs des mangas. Les pourtant très dynamiques éditeurs que sont Akiléos, Ankama, Carabas, Delcourt, 12 bis, Les Humanoïdes associés, Paquet, Pika ou Soleil n’en ont publié que 42 (contre 57, l’an passé). Cependant, les styles des jeunes auteurs sont toujours très influencés par les codes graphiques et narratifs des mangas et de plus en plus de graphistes asiatiques illustrent des scénarios d’auteurs francophones.

La passion de ce public assez monomaniaque pour les mangas (anime ou livres) se développe aussi sur Internet (
animeland.com, animint.com, mangagate.com, manga-news.com, manga-sanctuary.com, mangaverse.net, mangavore.net, the-ryoweb.com, webotaku.com
…) ou dans les 6 essais qui leur ont été consacrés en 2008. […]

V- ADAPTATION

Les œuvres littéraires sont de plus en plus adaptées en bande dessinée (154 nouveautés en 2008) et le 9e art inspire toujours davantage les autres moyens d’expression. […]

Le phénomène remarquable de 2008 est le développement marqué de la bande dessinée francophone à destination des filles ! D’après une étude du Centre National du Livre sur les collégiens et lycéens en 2007, 45% des filles (pour 27% des garçons) ne lisent jamais ou presque jamais de bandes dessinées : cela risque de changer avec les 68 nouveaux produits calibrés pour conquérir le public féminin parus en 2008 (collection "Bulles de filles" chez Dargaud et de nombreux titres chez Bamboo, Delcourt, Diantre !, Dupuis, Fleurus, Gawsewitch, Glénat, Paquet…).

C’est cette incessante vitalité qui permet au 9e art d’être toujours autant courtisé par les autres médias, lesquels l’utilisent de plus en plus comme source d’adaptation. Et comme
le poids commercial des droits dérivés ou des déclinaisons (animations, films, romans…) grossit tous les ans
, il n’est pas étonnant que ce soit un sujet brûlant sur lequel éditeurs (le groupe BD du Syndicat National de l’Édition) et auteurs (groupement "Bande dessinée" du Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs) n’arrivent pas à se mettre d’accord.

En effet, comme le précise avec humour Jean Van Hamme, le scénariste de
Largo Winch et de XIII (séries dont les récentes versions cinématographiques et télévisuelles, en coproduction avec Média Participations, ont été plébiscitées par les spectateurs), aux journalistes Olivier Delcroix (Le Figaro) et Manuel F. Picaud (Auracan.com) : "L’argent est sur l’écran" ! Pas que sur l’écran d’ailleurs, mais aussi dans toutes les industries du loisir (cinéma, télévision, dessins animés, jeux vidéo, musique, Internet…) qui, certes, exploitent le filon, mais amènent aussi de nombreux lecteurs à la bande dessinée
. Les éditeurs ne s’y trompent pas et on remarquera qu’en 2008, ils sont nombreux à se positionner dans ce sens :

- Ankama, société qui a explosé grâce à leur jeu vidéo en ligne, entre dans le capital de la chaîne de télévision Nolife (orientée jeux vidéo et culture japonaise) et signe avec Microsoft, tout en diversifiant sa production.
- Delcourt a acquis une participation majoritaire dans le capital de la société RG Square (spécialisée dans les films et séries d’animation japonais) pour mettre en commun leurs expériences d’édition et en audiovisuel. […]
- Glénat s’associe à EuropaCorp, la société du réalisateur et producteur Luc Besson, pour créer Europa Glénat, une "joint-venture" détenue à parts égales entre les deux groupes) qui gérera les droits d’adaptation audiovisuelle des bandes dessinées au catalogue de l’éditeur grenoblois, ceci autant au cinéma qu’à la télévision (telle la série
Disparitions
qui sort simultanément en album et en téléfilm sur France 3). […]

Évidemment, le chiffre d’affaires de la bande dessinée francophone (estimé à 320 millions d’euros par Ipsos et
Livres Hebdo) fait pâle figure face à ceux des jeux vidéo (2,4 milliards d’euros d’après GfK) ou de l’industrie musicale (2,3 milliards d’euros d’après Le Monde), sans parler de celui du cinéma et de la télévision : mais nous ne sommes certainement qu’aux prémices des développements et propositions de transversalité pour le 9e art ! Au Japon, par exemple, la bande dessinée sur téléphone mobile et l’usage numérique de la bande dessinée est entré dans une phase industrielle, alors qu’en Europe nous n’en sommes encore qu’au stade expérimental
!

Cela n’empêche pas
les images de bandes dessinées de se retrouver dans 271 recueils d'illustrations, dont 68 recueils de dessins d'humour et 61 textes illustrés, ou de triompher dans les salles de ventes : les originaux d’Hergé (une couverture de Tintin s’est arrachée à 764.200 € et un dessin noir et blanc à 167.300 €), d’Albert Uderzo (une planche d'Astérix vendue 312.500 €), d’Hugo Pratt (un portrait de Corto Maltese adjugé à 250.000 €), de Philippe Druillet (2 planches à 206.500 €), d’Enki Bilal, d’André Franquin ou d’Edgar P. Jacobs y battent régulièrement des records, se faisant une place de choix sur le marché sélectif de l’art
avec un grand A !
 

VI- PRÉPUBLICATION

La presse de bande dessinée semble souffrir de la concurrence d’Internet (gratuité et nouveaux terrains créatifs), en dépit de la présence de 71 revues spécialisées. […]

En ce qui concerne les revues sur les mangas (AnimeLand, Coyote, Dofus Mag, Geisha, Hard Manga, Japaneko, Made in Japan, Manga Kids, Maniak !, Planet Manga, Score Asia…), les tirages sont parfois plus importants, mais ces magazines se consacrent bien plus souvent à l’anime et aux jeux qu’à la bande dessinée.[…]

VII- CONSÉCRATIONS ET MÉDIATISATION

201 œuvres datant de plus de 20 ans ont été rééditées ; et de plus en plus d’auteurs de bande dessinée, parmi les 1416 qui vivent de leur métier sur le territoire francophone européen, obtiennent régulièrement l’honneur des médias. […]

Aujourd’hui, le 9e art a donc acquis une véritable reconnaissance culturelle : d’ailleurs, 1 livre acheté sur 8 et 1 ouvrage emprunté sur 5 dans les bibliothèques est une bande dessinée !

Gilles RATIER

Secrétaire général de l’ACBD


VIII - BILAN TÉLÉCHARGEABLE AVEC ANNEXES

Télécharger au format PDF le Bilan 2008 de l'ACBD et ses nombreuses annexes :

> Bilan ACBD 2008 + annexes


COPYRIGHT

 © Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée).

 Ce rapport est toujours aussi riche d'information et d'un accés abordable. Il est bon de savoir où en sont nos "chers" éditeurs afin d'éviter quelques désillusions.....

Supersab

Par Supersab - Publié dans : Etudes sur les manga - Voir les 1 commentaires
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Lundi 12 janvier 2009
Kikoo à tous,

tout d'abord, je vous souhaite le meilleur pour l'année qui commence.
Je m'excuse aussi pour le temps que je mets à répondre à vos commentaires. Vous aurez tous une réponse, soyez en assuré(e)s.

Ceci étant dit, je complète aujourd'hui cette rubrique par une nouvelle dédicace. Il ne s'agit pas de manga mais de littérature jeunesse.
J'ai eu la chance de pouvoir rencontrer et discuter avec les deux artistes qui ont réalisé Une vie d'escargot : Anne Cortey pour le texte et Janik Coat pour les illustrations.

9782746710955FS.gif picture by supersab

"Subtil mélange d'espoir et d'aventure, Une vie d'escargot est une histoire à raconter aux touts petits. Parents, offrez ce voyage à vos enfants. Faites leur découvrir Andreï, un escargot qui habite là bas, tout là bas…

Quelque part dans l'immensité hivernale de la toundra sibérienne, un petit escargot s'ennuie. Perdu au beau milieu de ce néant glacial paré de blanc, Andreï rêve de contrées plus hospitalières et fréquentées, son éden dans lequel il pourrait se faire des amis.
Tout seul dans sa coquille, des étoiles plein les yeux, Andreï attend, il réfléchit. Puis il se décide, il s'en va. A l'excitation du départ se mêlent intimement l'appréhension de l'inconnu et la mélancolie de quitter ce qui était jusqu'à hier encore, sa maison. Mais c'est confiant qu'Andreï prend le train vers sa terre promise."


Pour lire la suite de ma critique, cliquez:
ICI

Et maintenant, place aux images:

escargot1a_1.jpg picture by supersab

escargot2a_1.jpg picture by supersab

Supersab

PS: n'hésitez pas à me faire part de vos impressions sur cet ouvrage ici ou directement sous l'article que j'ai mis en ligne sur Obiwi.

re-PS: cet article est le 400ième de ce blog.
Par Supersab - Publié dans : Evènements et dédicaces - Voir les 0 commentaires
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